SAINT NICOLAS AU CENTRE FERME 127BIS
Nous étions une bonne centaine à marcher vers le centre fermé 127bis ce dimanche 4 décembre sous une pluie battante, pour manifester notre solidarité aux parents et enfants enfermés dans le centre fermé 127bis à, l’occasion de la Sait Nicolas. Un groupe de six personnes, dont quatre parlementaires, une membre de la Ligue des droits de l’Homme, un membre de la CRER (Coordination contre les rafles, les expulsions et pour la régularisation), ont pu visiter le centre, pour distribuer les nombreux jouets amenés par les manifestants et donner les cartes téléphoniques aux parents qui n’ont aucune autre possibilité d’un contact avec l’extérieur.
Nous sommes rentrés dans le centre après contrôle d’identité. Nous n’avons pas pu amener les jouets qui devaient d’abord être fouillés par les gardiens( armes cachées, terrorisme ????). Mais nous avons fait le tour des trois pavillons où sont hébergés 58 enfants et une centaine d’adultes.
L’ambiance et la pauvreté y sont indescriptibles. Toutes les portes sont verrouillées et nous étions accompagnés par des gardiens tout au long de la visite. Les personnes des trois pavillons ne peuvent avoir aucun contact entre eux.
Dès notre arrivée dans les pavillons, nous avons été assaillis par des mamans en pleures avec leurs enfants dans les bras ou à la main. Des salles tristes, des barreaux aux fenêtres, aucune décoration, 3 tables, une dizaine de chaises ou une trentaine de familles passent leur journée.
Un papa déplore le fait que les enfants soient dans des atmosphères enfumées, mauvaise pour les poumons. Une maman Tchétchène vient me dire que depuis qu’elle est là elle trouve son bébé de 4 mois triste. Elle demande de l’aide, pour son enfant. Un homme sort de sa poche une attestation médicale indiquant la maladie dont il souffre et ne comprend pas qu’il ne puisse être traité.
Ce qui nous a le plus frappé était ce petit garçon de 5 ans, qui attaché aux barreaux criait aux manifestants à l’extérieur pendant deux heures, sans interruption : « LIBERTE, LIBERTE, LIBERTE, LIBERTE «
Nous n’osons pas imaginer l’état psychologique de cet enfant après notre départ.
On ne trouve plus nulle part cette pauvreté depuis le mouvement d’humanisation des endroits comme les réfectoires, hôpitaux et prisons dans notre pays ;
Des familles sont là depuis parfois plusieurs mois. La majorité des enfants sont nés en Belgique et les familles résident pour beaucoup de 3 à 8 ans en Belgique. Les enfants ont été retirés de l’école pour être enfermés. Beaucoup ont été arrêtés lors d’une convocation à l’Office des étrangers. Beaucoup n’ont pas d’avocat ou un avocat fantôme dont ils n’ont jamais de nouvelles.
Des manifestants, restés à l’extérieur, tapaient pendant deux heures sur les grillages haut de 4 mètres en pleurant et criant, traumatisés. Nous remercions les parlementaires et la Ligue de leur présence. Nous pensons que certains étaient là par esprit « humanitaire » plutôt que politique mais nous exigeons qu’il fasse leur travail de politiciens pour interpeller les instances sur cette situation
Nos objectifs sont loin d’être humanitaires.
Nous protestons fermement contre l’existence de centres fermés, que l’on compare souvent à des prisons et que nous avons pu constater être pires que des prisons avec en plus des enfants !!!! Pourquoi ces gens là n’ont pas droit à des endroits un peu plus « humanisé » : ségrégation cela s’appelle.
Nous exigeons que les demandeurs d’asile soit traité dignement, qu’ils ne soient plus mis dans des camps
Nous exigeons que le droit de défense soit appliquée pour tous. Trop souvent on est témoin de personnes arrêté lors d’une convocation banale à l’office d’étrangers ou ils se rendent de bonne foi. On ne leur donne même plus l’occasion d’argumenter leur demande d’asile ou de régularisation Ils seront expulsés sans droit aux recours, sans analyse sérieuse de leur demande
Nous n’accepterons jamais l’enfermement d’hommes, de femmes, et d’enfants juste parce qu’ils n’ont pas les bons papiers. Ils ont fui des situations de détresse extrême et ont choisi la Belgique, pays qu’ils croyaient démocratique et accueillant
Nous avons appris que de nouvelles ailes vont être réservées à des familles dans les centres fermés de Vottem et de Merksplas et que notre gouvernement comptent intensifier cette politique d’expulsion/exclusion de personnes sans droits.
Des manifestations de ce genre apportent un énorme réconfort aux personnes enfermées, c’est ce qu’ils nous disent, mais la question reste posée : en quoi ces actions pourraient changer la nouvelle politique belge et européenne des plus répressives, bafouant les droits élémentaires de chacun, belge ou immigrant.
Nous pensons que ces comportements sont des comportements racistes, qu’une nouvelle ségrégation s’installe dans nos pays de toutes les personnes démunies et. Que leurs droits sont bafoués systématiquement et intentionnellement ? Il est plus que temps de réagir contre ce dangereux tournant de notre système dans lequel est réprimé, enfermé ou torturé tout ce qui « dérange. »
Repoussons cette politique qui nous déstabilise et nous déshumanise.
Source : http://www.cemab.be/news/2005/12/546.php
Voyez aussi le rassemblement le jour de Noël devant le camp de Vottem : http://liege.indymedia.org/news/200...