Programme

Participer au mouvement étudiant communautaire

Par « mouvement étudiant communautaire », on entend le mouvement étudiant organisé au niveau de la Communauté française, soit au niveau où se prennent les décisions politiques concernant l’enseignement. Depuis une vingtaine d’années, le mouvement communautaire s’identifie, pour le meilleur et pour le pire, à une organisation : la Fédération des Étudiant(e)s Francophones (FEF) qui nous semble être la seule tentative qui a (partiellement) réussi à formuler un programme politique étudiant crédible et susceptible de permettre aux étudiants d’obtenir une amélioration de leurs conditions de vie et d’études et la réalisation des aspirations plus générales qui sont les leurs.

Depuis 7 ans, l’ULg ne participe plus à cette aventure. Ses représentants de l’époque ont décidé de se retirer de la FEF pour mener une politique d’autonomie qui, poursuivie par tous leurs successeurs, a conduit la représentation étudiante de l’ULg dans une situation de réel isolement. N’ayant pas la force d’entretenir seuls un rapport de force et des relais politiques permettant la défense de leurs revendications vis-à-vis du monde politique, les représentants étudiants de l’ULg — à quelques rares exceptions — ont purement et simplement laissé le terrain désert.

Il faut bien dire à leur décharge que l’évolution récente de la FEF est particulièrement préoccupante : domination de l’organisation, depuis deux ou trois ans, par une petite oligarchie dont les intérêts des étudiants semblent parfois loin de toujours constituer l’objectif, excès de langage et envolées rhétoriques souvent plus ridicules qu’autre chose, encroûtement formaliste des instances de décision, « bruxello-centrisme » exacerbé rendant difficile aux mandataires étudiant ne pouvant se déplacer régulièrement dans la capitale fédérale d’exercer des responsabilités à la FEF, pouvoir excessif pris par le personnel permanent jusque dans les prises de décisions stratégiques les plus importantes,... Ces travers, que nous devons sèchement dénoncer si nous voulons qu’ils prennent fin, sont bien sûrs compensés par un certain nombre d’atouts, au rang desquels la fidélité à certains objectifs fondamentaux (souvent à contre-courant du discours dominant) et l’efficacité politique indéniable de la structure ne sont pas les moindres.

Programme idéologique

Mais l’essentiel est ailleurs, dans la capacité de la FEF à conserver son discours vivant. En 1997, le Conseil fédéral de la FEF, secoué par l’une des pires crises de son histoire, vota en catastrophe un texte consensuel sensé restaurer un semblant d’harmonie (qui n’allait d’ailleurs pas tarder à voler en éclats). Ce texte — assez mal écrit au demeurant — est resté dans les mémoires comme constituant la forme écrite des « 4 piliers » de la FEF. Le problème n’est pas tant dans le contenu de ces objectifs mêmes, dont nous partageons l’essentiel, que dans l’effet décérébrant que leur promulgation au rang de dogme a eu sur les esprits. Beaucoup de mandataires étudiants se dispensent aujourd’hui tout simplement de réfléchir, se contentant de répéter sur tous les tons une doxa vieillissante. Bref, au fil des ans, des objectifs intéressants sont devenus pour la FEF une pensée unique |1|.

Adhésion de la Fédé à la FEF

En conséquence de ce qui précède, et malgré les travers dans laquelle la FEF est malheureusement tombée, nous souhaitons que les représentants étudiants de l’ULg adhèrent à la FEF sans délai. Il en va d’un devoir évident de solidarité à l’égard du mouvement communautaire qui n’est fort qu’uni et auquel la Fédé a manqué depuis des années pour des raisons qui n’en étaient pas. Il ne saurait être question de conditionner cette adhésion à de quelconques exigences politiques de notre part. Mais l’inverse devra être vrai également : les étudiants de l’ULg ont pleinement le droit d’intégrer la FEF sans devoir passer sous d’éventuelles fourches caudines qu’on voudrait dresser sur leur passage. Et d’y défendre ensuite les points de vue qu’ils jugeront pertinents, notamment pour remédier aux faiblesses que nous avons pointées plus haut dans ce paragraphe.

Cette adhésion critique est à notre avis autant de l’intérêt des étudiants de l’ULg — qui trouveront enfin un canal leur permettant d’exprimer leurs avis en direction du pouvoir politique — que de la FEF (et du mouvement étudiant en général), qui en plus d’être numériquement renforcée, verra peut-être se rompre certaines des entraves idéologiques dans lesquelles elle se débat pour le moment.

|1| Cf. Pitseys John, La Fédération, laboratoire de l’agir politique ?, in « Rapport Annuel 2000-2001 », FEF, septembre 2001.

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